Société Instrumentale

Fin 80 l'envie de passer à l'échelle au dessus se fait de plus en plus puissante mais de plus grands locaux à Lyon pour un prix abordable sont imtrouvables. Simultanément Daniel Neyret, fournisseur les cordes Ernie Ball, est en train d'ouvrir String Music Import et propose de distribuer les Leduc dans toute la France. La décision est prise et grace aux contacts familiaux de Christophe une opportunité se présente dans Vosges.

L'usine de Fresse-sur-Moselle…

Eric Berthelot

Pour pouvoir se consacrer pleinement à la fabrication, Christophe s'est associé à Eric Berthelot (gestionnaire), Alain Grégoire, un jeune vosgien très doué en vernissage qui lui avait été présenté par Thierry Carrel et sa tante Anne Marie Leduc qui a été d'une aide très précieuse du début à la fin. Dominique Caillierez était aussi venu de Lyon. Alain Grégoire La Sàrl "Société Instrumentale" fut constituée en Juillet 81. Dire que l'installation n'a pas été du tout facile est un euphémisme ! Deux mois de travaux d'aménagement, isolation de la toiture, déshumidifier le bâtiment depuis longtemps inoccupé, acheter et installer les machines, fabriquer les gabarits d'usinage, aménager les postes de travail, Dominique Caillierez former le personnel… Et, cerise sur le gâteau, attendre sept mois pour enfin avoir le téléphone !

Anne Marie Leduc Dès 82 une dizaine de personnes travaillaient dans deux mille mètres carrés d'atelier au milieu des sapins. Des machines partout, d'énormes piles d'érable, d'aulne et de noyer s'entassaient vers le séchoir. Des chariots de guitares en cours de fabrication attendaient près des machines. Les gros tuyaux de la centrale d'aspiration contournaient l'arbre de transmission qui permettait autrefois de faire tourner les machines textiles. Ce dernier peint en bleu égayait les pans du toit isolés en laine de roche grise et les murs rose pâle. Une retenue d'eau surplombait l'usine et alimentait deux turbines et des alternateurs prévus d'être remis en état pour assurer une partie du chauffage. Faute de temps ce projet n'a pas pu être finalisé, la fabrication passait en premier. La plus grosse des turbines avait été restaurée, la plus petite restait obstinément grippée et les alternateurs présentaient de grave problème d'isolation.

Jean Marc Aletti Les collaborateurs dont reste une trace dans les archives s'appellent "Bouillotte", José "Pépin" Pierot, Annette Vaxelaire, l'incroyable Jean-Marc Aletti. Ce serait bien de retrouver le nom des autres !

En dépit de ce retard au démarrage, les premières guitares étaient prêtes à la vente dès la fin de l'année. SMI avait exposé les prototypes lors du salon de Vincennes en Septembre et lancé la distribution. Chaque mois 80 instruments étaient fabriqués. Les manches dont la poigné est asymétique étaient réalisées sur un tour à copier Genari. Conçu pour fabriquer des pieds de meuble, il réalisait simultanément deux manches pour droitier et deux pour gaucher. En conséquence les instuments gauchers revenaient presque au même prix que les droitiers, aucun supplément à la vente !

La D3 Les modèles phare, D3 et Clean sont des guitares à manche conducteur, les premiers au monde à proposer de série les maintenant fameux micros Seymour Duncan. Les basses BD3 étaient déjà disponibles en 4, 5 ou 6 cordes, frettés ou fretless. Presque tout était fabriqué sur place, les cordiers et les boutons de potentiomètre en bronze, les entourages de micro guitare et les capots de micro basse. Les séries "2" arrivèrent fin 82 avec la D2 (version light de la D3 avec touche palissandre, pièces chromées, cornes arrondies et micros Schaller) et la BD2 (manche vissé, pièces chromées et micros Schaller).

Invader En 83 furent fabriquées dix "Invader" ces guitares-fusée sans tête dont le corps est formé de deux tubes métalliques parallèles, elles furent offertes par SMI aux dix meilleurs revendeurs français.

Nos amis batteurs seront intéressés de savoir que la Société Instrumentale réalisait les vernis pour Jacques Cirichelli des Batteries Capelle à La Chapelle La Reine.

Si le démarrage cahotique avait vulnérabilisé l'entreprise le blocage des prix de 83 lui fut fatal, et dans les premiers mois de 84 après quelques mois de location-gérance par Jacques Cirichelli, Christophe Leduc et ses associés furent contraint de liquider le fruit de ces trois années de travail. Dominique et Alain rejoindront Nicolas Petibon à Paris pour créer D.N.G., pendant que Christophe suivra l'entreprise que Patrick Pepato avait acquise et transférée à Rombas en Moselle, la Société Instrumentale laisse place à France Instruments.

suite : les modèles de Fresse